Tels les orpailleurs qui écument ses fleuves, nous ne savons d’avance quelle pépite nous allons ramener de Guyane. Le fameux « enfer vert », terre réputée inhospitalière, cristallise beaucoup de fantasmes, de clichés. Pour en rire et se mettre en haleine, nous avons regardé le film « La loi de la jungle », un classique ici qui n’a fait que décupler notre curiosité pour ce département français. Le 973.

A quelques miles des côtes, comme souvent, nous jouons avec la radio dans l’espoir de capter une pépite locale : « POP POP POP Bienvenue dans l’émission pop’ culture de France inter ». OK nous sommes bien en France, Antoine de Caune est là pour nous le rappeler. Nous n’écoutons que d’une oreille, quand une petite bombe explose. Jean-Philippe Smet, notre Johnny national attaque les pissenlits par la racine. Ha Que Que… ! Ni une ni deux, sans se faire prier, nous décidons de rendre un hommage Rock & Roll à ce monstre de la chanson française ! Johnny nous accompagne pour notre « arrivée » en France.

« Bonjour, le CNES vous accueille » – Kourou.

C’est ici à Kourou que nous avons jeté l’ancre. Un objectif simple : réaliser un rêve de gamin. Dans trois jours sous nos yeux, une fusée Ariane 5 décollera et déposera sur orbite quatre satellites Galileo, le GPS Européen.

Au mouillage, sur le fleuve Kourou, la forêt domine. Pas étonnant, ce département français est recouvert à plus de 90% par la forêt. Moins de 250 000 habitants pour un territoire qui représente 1/6 de la métropole. Plus de 5 500 espèces végétales, nombres de bêtes à plumes et à poils et 400 000 sortes d’insectes. C’est dire la fertilité de cette terre étonnamment nourricière. Ici presque tout se cueille, se pêche et se chasse.

« Reach the stars »

Antoine &  Emilie, vivent ici. S’ils ont bien la tête dans les étoiles, ils gardent les pieds sur terre. C’est eux qui nous distillerons tant de précieux conseils. « Il faut aller en forêt pour appréhender les choses » Antoine est catégorique, ici la forêt regorge de secrets, et les histoires fusent. La chasse considérée comme nécessaire à la subsistance de la Guyane, ne nécessite pas de permis. Il suffit d’un fusil…Payou Payou ! Le lendemain la forêt nous submerge. Un émerveillement permanent, sans parler du nombre incalculable d’oiseaux, nos sens sont en éveil. Si vous connaissez la blague de l’oiseau, ici elle prend tout son sens.

Demain le 11/12 Ariane 5 s’élancera de son pas de tir.
Nous sommes invités à une soirée d’anniversaire. Antoine est là avec des anciens de l’ESTACA. Pierrot retrouve « sa confrérie » !  Tous des anciens « métros » qui ont très vite adoptés la pirogue et passent leurs week-ends dans les carbets. Des cabanes rudimentaires ouvertes à l’air libre, oú l’on suspend son hamac pour dormir au milieu de la jungle et des singes hurleurs. Certain parle même le créole. Tous travaillent de près ou de loin pour le CNES. Chacun sa spécialité, très vite Ariane 5 n’a plus de secret pour nous ou presque… La soirée bat son plein ! Un champenois à la baguette, vous assure avec maestro une ambiance survoltée. Payou Payou !

Jour J. le 12/12 .
Houston on envoie l’équipage Sail Eat sur orbite. 3, 2, 1…décollage ! Un vrombissement qui te prend aux tripes. La tête dans les étoiles. 3 enfants qui réalisent un rêve. Nous ne sommes pas seuls, nous rencontrons les « Maçons ». Ils sont en charge du prochain pas de tir de la nouvelle génération Ariane. C’est des stars dans leurs domaines. Devant nous la Dream Team du film Armageddon, entre nous le Palom, un rhum du Suriname à 90°, qu’il convient d’accompagner d’une eau gelée. Quoi de mieux pour briser la glace ? Nous sommes chez Will au village, et la Guyane livre ses secrets… « Vous êtes ou les gars? » Antoine est un peu surpris. « Chez Will » est une adresse qui se murmure et se respecte. Sinon…Coupe coupe ! Antoine nous attend pour la soirée de lancement à l’hôtel Mercure. Let’s GO !

A peu de chose près ce que l’on a vu !

Atterrissage :

A kourou, toutes les nationalités sont représentées. Amérindiens, Bushinenge (descendants des esclaves noirs), Créoles, Métros, Légios, sans parler de la communauté étrangère (qui constitue 50% de la population) chacun vit plus ou moins harmonie… Les Hmong, (réfugiés politiques à la fin des années 70), excellent eux dans la culture maraîchère. Ils détiennent également nombres de petits restaurants plus ou moins de bonnes qualités avec des menus improbables, nous pouvons aussi bien choisir des nems, une raclette ou un colombo de poulet.

Si nous n’avons pas pu nous rassasier des produits de notre chasse ou même pêcher un atipa, poisson de vase à l’allure préhistorique, un mets de choix ici, nous avons trouvé une petite pépite, le mombin. Trouvée dans le jardin des « Maçons », cette petite prune jaune est caractérisée par son goût acidulé, elle nous a fait tout de suite penser à un bonbon arlequin. Excellent cru ou macéré dans un rhum.

S’il y a bien une adresse incontournable à Kourou, c’est le Carbet des brochettes. Vous l’aurez compris au menu des brochettes : du bœuf au requin, en passant par des viandes plus exotiques comme le kangourou, tout est possible avec José ! Le tout accompagné d’une salade de kwak, une semoule de manioc, que l’on accommode un peu comme un taboulé. Dans notre cambuse, 1 kg qui fera des émules jusqu’à la Martinique. Jose Makebe a repris ce restaurant, dans un carbet typique, et lui a redonné vie. L’ambiance y est chaleureuse et conviviale. Une institution ici qui a vu couler litres de Belle Cabrese le rhum local, que l’on respecte avec le traditionnel  « ti-punch ».

Le CDB Carbet Des Brochettes – Les 7 clés – 10 impasse Paya, 97310 Kourou
Page Facebook : https://www.facebook.com/les7cles/

Les bagnes des îles du Salut.

« Arrivée en rade des Îles du salut le 12 mars 1895 (selon lui il devina le lieu de destination en saisissant quelques bribes de conversation entre gardiens). Dreyfus dut patienter quatre jours par une chaleur torride (un bâtiment en fer sous le soleil tropical…) avant de débarquer… »

« Sa ration, livrée crue, est d’un demi pain par jour, de 300g de viande (de qualité douteuse) trois fois par semaine, les autres jours viande en conserve ou du lard salé. Comme boisson, de l’eau. »

Dreyfus – sa vie quotidienne aux îles du Salut.

Source : http://www.bagnedeguyane.fr/archives/2013/05/30/27286896.html

Photo : Merci à Antoine et Sentinel pour les photos aériennes.

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