Est-ce la spiritualité taoïste qui a incité les paysans japonais à s’intéresser à des nouvelles formes de fertilité parfois invisible mais terriblement efficace? Des siècles avant la découverte de la vie bactérienne, les paysans japonais réalisaient, chez eux des cultures de micro-organisme utiles au sol comme le bokashi.

Le bokashi, est une préparation associant divers types de déchets domestiques d’origine végétale ou animale pour en faire un engrais liquide hautement concentré en bactéries.

A bord de Sedna notre démarche est essentiellement intuitive. La mise en place de notre potager à aromates et l’abondance des déchets domestiques que nous produisons nous ont conduit à explorer cette piste et à réaliser notre bokashi.

En japonais, bokashi signifie « matière organiques fermentées ». Ce type de préparation est différent du compostage : ce dernier consiste en une décomposition aérobie (en présence d’oxygène) de la matière organique, tandis que le bokashi est une fermentation anaérobie (en l’absence d’oxygène). Les avantages de la fermentation à bord sont nombreux : rapidité, absence de rejets de gaz organiques, concentration des nutriments, pas trop d’odeur, pas d’insecte.

Le processus de fermentation anaérobie du bokashi est similaire à ceux utilisés pour la fabrication d’aliments bien connus, à savoir la fermentation lactique (=lactofermentation) : la choucroute, le levain, et le vinaigre en Occident, mais aussi le kimchi des Coréens, le natto et le toffu des japonais…et surement tant d’autres ! Ces aliments fermentés ont un effet positif sur la flore intestinale et la digestion. L’idée de nous nourrir des mêmes bonnes bactéries que notre sol nous plait beaucoup, et nous allons très bientôt expérimenté la réalisation de notre propre levain pour la fabrication de notre pain.

Les intérêts du bokashi sont multiples. Cette préparation est relativement simple à fabriquer, ou que vous soyez vous pouvez valoriser vos déchets domestiques sans utiliser une source d’énergie quelconque . C’est un engrais gratuit, autoproduit, non dépendant des énergies fossiles. Le bokashi enrichit les sols et vous assure votre indépendance en fertilisant ! Et surtout, il y a toujours une grande satisfaction à pouvoir réaliser soi-même ses préparations 😉 !

Ne disposant pas encore des connaissances des paysans, ni des matières premières qu’ils utilisent, pour lancer la préparation nous avons donc acheté des souches de micro-organismes, qui vont entrainer une fermentation et transformer nos déchets de cuisine en engrais. On en trouve aujourd’hui facilement dans le commerce, alors lancez-vous !

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