Tres pulpos en La Coruña

By juillet 27, 2017 juillet 30th, 2017 Eat

Au terme de deux jours et demi passé en mer, nous arrivons à la Corogne, port de Galice. Cette escale espagnole notre première durera jusqu’au jeudi 20 juillet.

Au loin la tour d’Hercule, phare de la Corogne inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. La raison ? C’est l’unique phare romain à avoir parfaitement résisté au temps et à être toujours en activité. Cette tour construite au début du II è siècle, s’élevant à 55 mètres au-dessus de la baie d’Orzan, nous donne le cap vers notre port pour ces quelques jours : la marina Coruña.

A quelques encablures de la marina, nous essayons de prévenir les autorités locales de notre arrivée. Après 3 appels à la VHF, la capitainerie ne réponds toujours pas… Un dimanche à 15h en Espagne, c’est la sieste pour tout le monde ! Nous trouvons une place sans difficulté dans cette grande marina à moitié vide, et nous prenons le rythme espagnol.

Après avoir réalisé nos premières formalités administratives, nous décidons de nous aventurer dans cette ville à moitié endormie. Nous pouvons admirer l’architecture locale, quelques immeubles Art déco et Art nouveaux mais surtout des ensembles de galeries vitrées qui recouvrent les immeubles. Une originalité qui a valu à la capitale galicienne le surnom de «Ville de verre».

Nous déambulons souvent dans la Ciudad vieja qui surplombe la marina, et nous fait revivre l’histoire de la ville, avec ses églises romanes, ses ruelles étroites pavés, ses places tranquilles…

Le lendemain, nous préparons notre escale gastronomique, quelques coups de téléphones, une petite visite à l’office du tourisme, des échanges avec la charmante espagnole de la capitainerie et Alexis nous dévoile sa liste. 2 Restaurants sont sélectionnés, 2 marchés sont à faire pour y découvrir les produits locaux, et la Lonja le marché aux poissons est incontournable. Le reste se fera au gré de nos balades et de nos rencontres.

Gastronomía

Les habitants de La Corogne sont réputés pour être de bons vivants, nous ne dérogeons pas à leurs habitudes et partons à la découverte de leur cuisine. Il y en a pour tous les goûts ! La ville compte le plus d’étoilé Michelin de Galice mais aussi des centaines de restaurants, bistrots, tavernes…Nous décidons de nous pencher sur une cuisine traditionnelle et de tradition avec les tapas.

Avec son port de pêche, les poissons et fruits de mer se font la part belle dans la gastronomie Galicienne tant par leur diversité que par leur qualité. Les produits du terroir n’ont cependant pas à rougir ! Les légumes spécifiques à la région sont variés et délicieux comme les pimientos de padron qui ont alimentés tous nos apéros. Les fromages avec quatre appellations régionales sont uniquement composés de lait de vache cru, mais demande une attention toute particulière pour leur préparation. Le quezo del Pais crémeux, la tetilla plus fumé sont deux fromages que nous avons particulièrement appréciés.

La cuisine est familiale et artisanale, chacun y va donc de sa recette! Mais une chose est sûr le Galicien doit reconnaitre au premier coup d’œil le produit. Il y a un grand respect pour les produits utilisés, les recettes peuvent paraitre simple mais agrémentées d’un juste assaisonnement ou d’épices et le plat est une réussite.

Dans les rues populaires les meilleurs tapas de la ville sont concentrés principalement dans les mêmes zones. Les principales rues sont Barrera, Troncoso, Olmos, Estrella et Galera. Tous cohabitent dans une ambiance chaleureuse, et on y retrouve les tapas les plus populaires. Pour nous c’était la meilleure manière de s’imbiber de l’ambiance galicienne. Il y a également des zones typiques pour le vin de la région, faute de temps nous sommes restés à la bière centenaire locale la Estrella, et au tinto verano entre chaque dégustation !

Tortillas, croquetas, tosta de lacon con grelos, empanadilla, jamon, chorizo…le choix ne manque pas. Mais avant de repartir vous devez vous essayer aux marisquerias (Les tapas de la mer) qui sont vraiment délicieux. La Meson Arume, proche de la plaza Maria Pita* nous a comblé : percebes (pouce-pied), zanburinas (petite saint jaques), almejas marinera (coques), chipirones (calamars)…un délice !

Mais pour vos palais les plus exigeant vous ne devez en aucun cas faire l’impasse sur le plat traditionnel : el pulpo a feira. La qualité de ce plat diffère selon les restaurants, on évitera par exemple O sampaio mais on peut aller sans hésiter dans le restaurant de Pablo Gallego le chef en la matière !

Los mercados

Plaza de San Augustin – Plaza de Lugo.

Les deux marchés principaux de la ville sont grands, modernes et sans charme apparent, ni authenticité. Les fruits et légumes d’un côté, la poissonnerie de l’autre et les bouchers qui leurs font face. Rien d’exceptionnelle donc au premier coup d’œil. Mais en s’y arrêtant de plus près, nous avons trouvé des produits de qualités qui agrémenteront notre dernier diner local à bord de Sedna. Pomme de terre de Galice, Quezo del Pais (fromage de lait de vache frais) con embrillo (pate de coin), tetilla (fromage en forme de sein, d’où son nom) poivrons, chorizo et un Jamon entier, notre nouveau compagnon de route.

Le marché de la Lonja : le marché aux poissons.

Mercredi 19 juillet. Le réveil sonne tôt. 5h15. Nous avons rendez-vous à l’aube au port de pêche de la Lonja. Situé à une vingtaine de minutes de la marina nous empruntons le paseo maritimo (plus grand front de mer d’Europe) pour nous y rendre.

Le marché est l’un des plus important en Europe et est le deuxième de poisson frais en Espagne. Il a été inauguré en 2003. Il se déplace chaque année 40 000 tonnes de fruits de mer et poissons. Le marché est un énorme navire géant de 500 mètres de long divisé en plusieurs salles.

Nous avions annoncé aux autorités du marché, que outre la visite nous souhaiterions également filmer pour notre web-série sur la gastronomie locale. Demande balayée d’un revers de main, Il nous faut des autorisations pour notre «reportage».  A l’arrivée nous devons montrer patte blanche, contrôle des identités, badge autour du coup, et la visite se fera accompagné d’un vigile… Après avoir constaté par eux même que nous étions pas une équipe de choc d’enquête exclusive. Il nous autorise à filmer et nous laisse libre de circuler à travers le marché. Il est 6h passé, ça commence !

Après avoir déchargé les prises, des boites de merlus, poulpes, bonites, baudroies, maquereaux, merlans…longe le sol en attendant d’être vendus. Très rapidement, les enchères commencent, c’est la criée. Et les espagnol ont dû coffre. 50, 40, 30, 20 euros , c’est un vrais spectacle. En quelques minutes les premiers lots disparaissent. C’est un système d’enchère inversée, on commence par un prix élevé pour descendre. Ici il n’y a pas de cash qui circule, les acheteurs se baladent avec des contremarques pour sélectionner leurs lots. Les ventes sont enregistrées quotidiennement et un jour est réservé pour effectuer les paiements. Tous ces poissons frais se retrouveront dans les assiettes des restaurants de la ville, ou sur les étalages des deux principaux marchés. Il est 9h tout est vendu. C’est le moment d’aller se réchauffer avec un chocolate con churros chez Bonilla a la vista, la churreria calle Real. El mejor desde 1932 !

*María Mayor Fernández de la Cámara Pita surnommée María Pita, la « Jeanne d’Arc » de la Galice, probablement née à La Corogne avant 1560 et décédée à Cambre en 1643, est une héroïne qui en 1589 sauva la cité de La Corogne au terme d’une fameuse bataille contre les troupes du corsaire Francis Drake de la marine anglaise. Elle redonna le courage aux défenseurs en tuant d’une pique le porte-drapeau anglais et en s’emparant du drapeau. Sacrée héroïne de la cité, elle obtient du roi Philippe II d’Espagne une rente à vie. D’un caractère volontaire et intransigeant, elle symbolise des idées féministes et la lutte pour une plus grande liberté pour les femmes en Espagne.

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